• Peintures à l'huile ou à l'acrylique - Sculptures textiles de collection Née en 1969 en Gironde.
Mon activité majoritaire est la peinture, même si je conçois parallèlement des sculptures textiles et des livres-sculptures textiles pièces uniques.
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Je peins depuis l’âge de 15 ans. J'ai exploré plusieurs voies mélangeant techniques et matières : peinture, collage, photo, tissu, couture, broderie.
Mon travail s'inspire du monde végétal et animal, de l’art populaire, de l'idée d'usure, de patine, d'altération, de transmission.
Actuellement, il se décline en séries de peintures sur toile de tendance abstraite, et en touchantes sculptures textiles.
C’est au paysage que mes peintures, à l’acrylique et à l’huile, mûries lentement sur plusieurs mois, empruntent leur vocabulaire : aspect minéral, aquatique, flous, reflets, contraste des lumières. Entourée de notes photographiques ou griffonnées, je fais cohabiter fluidités, empâtements, repentirs, recouvrements, grattages, effleurements. Mes toiles aux couleurs et textures raffinées, s’adressent au voyageur immobile dont les sens aiguisés traduisent une aptitude à faire silence.
Mes sculptures textiles, présentées sous forme d’installations, interrogent la notion de figure : "Créatures Consolantes", Bestiaire Poétique Canaille d’environ 500 animaux anthropomorphiques ; "Maisons", livres-sculptures d’artiste, textiles, pièces uniques en forme de maisons ; "Figures drolatiques", volumes colorés dont la présence d’yeux de verre induit qu’il s’agit de personnages, à l’apparence toutefois volontairement sommaire, contrairement aux Créatures Consolantes. Pataudes, entravées, baroques par leur excès de couleurs, textures et motifs, je les élabore à partir de chutes de tissus de mon atelier. De fait, le thème des Sept Familles, apparu en 2009, et dont font partie ces Figures, dessine un répertoire de formes à la fois aléatoires et construites. En quelque sorte, elles annoncent et affirment un travail textile de plus en plus sculptural, mixant tissu et peinture. L’enjeu (et le jeu), pour toutes ces sculptures, est d’ouvrir plusieurs séries dans le temps, et de les arrêter le jour où l’envie et la liberté d’innover auront disparu.
v. LaFont, janvier 2009
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"véronique laFont,
DES CREATURES SI ATTACHANTES
Menue, volontaire et pleine de fantaisie, véronique laFont a tout de l’elfe. Ses créatures consolantes ne sont pas des objets mais des êtres uniques qui font résonner notre univers le plus intime." (*)
Vieilles chaussettes, fausses fourrures, cravates des années 60-70, serpillères, soieries, dentelles et broderies anciennes, voilages, tulles, tissus d’ameublement, lainages, velours, tricots, rayures, fleurs, etc. C’est avec gourmandise qu’elle plonge dans sa collection de tissus hétéroclites et ses magiques boîtes à boutons, bouts de laine et rubans surannés. Les mains toujours prêtes et les yeux aux aguets, elle retrouve vite les gestes spontanés de l’enfance, créateurs de petits trésors à partir de «bouts de rien conservés au cas où…»
"Elles naissent comme ça, de guingois, rafistolées, habillées de bric et de broc, toutes coutures dehors, et cependant quel panache ! On a vite l’impression de les connaître depuis toujours, comme si elles avaient vécu à nos côtés, dans l’ombre, et qu’elles se révélaient enfin à nous ; alors aptes à saisir tout ce qu’il y a d’humain dans cette imperfection-là. Ce qui n’empêche pas chaque création d’être incroyablement sophistiquée, techniquement impossible à copier."(*)
Véritables sculptures en tissu, la plupart des créatures sont assises, leur forme est modelée au fur et à mesure par un PATIENT TRAVAIL de capitonnage et de matelassage.
Toutes ont une vraie PERSONNALITE, une forte expression dans le regard et l’attitude corporelle : l’une vous tire la langue, l’autre vous toise, une autre a le regard tendre et les épaules avachies. Chacune est signée, a son propre prénom et numéro de naissance brodés au fil rouge.
(*) Gwenaëlle Leprat, De fil en aiguille, septembre 2004
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"Et si l'on venait tous de quelques choses, d'une poignée d'objets de terreur et de désir, fragments, merveilles ou débris, tenaces ou fragiles, insistants toujours, qui seraient nos traces, repères, ancrages, nous définiraient, cailloux blancs sur le chemin.
(...) Elles font mon paysage intérieur, ces choses, épinglées en moi, et c'est un droit d'asile que je réclame pour elles ; le temps d'une célébration, j'arrache le singulier à la multitude clonée, à l'oubli collectif, cette dernière benne d'enlèvement. Avec, spectacle des spectacles, si belle, terrible et aimée, l'image de l'usure, du flétri, de la toute petite ruine, ses grâces, son mystère, et la sensation si vive de la félicité des choses. Je les désire pour leur expressivité immédiate, je subis leur attraction, la terreur et le sublime des icônes, je les regarde comme des martyrs. J'ai su que pour nous consoler, les choses demeuraient inconsolables".
Macha Makeïeff, in L'amour des choses, Actes sud, 2001
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"Je songe par exemple que jamais encore je n'avais pris conscience du nombre de visages qu'il y a. Il y a beaucoup de gens, mais encore plus de visages, car chacun en a plusieurs. Voici des gens qui portent un visage pendant des années. Il s'use naturellement, se salit, éclate, se ride, s'élargit comme des gants qu'on a portés en voyage. Ce sont des gens simples, économes ; ils n'en changent pas, ils ne le font même pas nettoyer. Il leur suffit, disent-ils, et qui leur prouvera le contraire ? Sans doute, puisqu'ils ont plusieurs visages, peut-on se demander ce qu'ils font des autres. Ils les conservent. Leurs enfants les porteront. Il arrive aussi que leurs chiens les mettent. Pourquoi pas ? Un visage est un visage. D'autres gens changent de visage avec une rapidité inquiétante. Ils essaient l'un après l'autre, et les usent."
Rainer Maria Rilke, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, Frankfurt am Main, 1929 ; Paris, Seuil, 1966 |